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Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /Juin /2009 16:03
Un groupe de jeunes Japonaises à Shibuya en février 2008 : frileuses du haut du corps, mais pas du bas !


Un bref article pour aujourd'hui, mais qui risque d'en surprendre plus d'un(e) par son contenu qui met en avant les différences prétendues ou vérifiées entre les Japonais et les Francais (ou -au sens large- les Occidentaux).

J'ai déjà parlé il y a quelques semaines de la différence de température corporelle : la nôtre est à peu de choses près de 37,5°celsius alors que la leur serait estimée à une moyenne approximative de 36° celsius. Tous les témoignages de mes amis japonais corroborent avec cette information, l'accréditant. En fonction des moments de la journée et de la température ambiante, ainsi bien sûr que de leur  état de santé, elle peut baisser à 35,6°celsius (toujours d'après les témoignages que j'ai collectés ici-et-là) et monter jusqu'à 38,1°celsius. Ces variations appartiennent à chacun et doivent être prises à titre exemplaire : la fourchette entre le minimum et la maximum ne sera pas le même pour tous les Japonais, bien évidemment. Il convient cependant de souligner qu'à la base, leur moyenne est bel et bien inférieure à la nôtre.  J'ignore encore à quoi cela est dû, et les Japonais interrogés ont juste été capables de me répondre que cela venait de leur ADN, de leurs racines, à l'instar d'autres caractéristiques comme les yeux bridés et le nez applati.

Dans de telles conditions, je ne fus pas surpris, un jour où je bavardais avec des colocataires qui ignoraient la température moyenne corporelle des Occidentaux et qui crurent alors que je me moquais d'eux en leur disant que tel qu'ils me voyaient, je devais avoisiner les 37,5°celsius. Ils me demandèrent si j'allais bien, si je n'avais pas de fièvre. Je leur répondis qu non, un peu amusé, et poussai le bouchon en leur disant qu'en France, lorsque l'on était malades, on pouvait avoir de la fièvre et culminer alors jusqu'à 39 ou 40°celsius. Mes trois colocataires s'exclamèrent d'un "Heiiiiiiiiin...??" en se regardant comme si j'avais dit la pire des inepties. Et l'une d'entre elles ajouta : "À 39°, je meurs !"

Une autre différence concerne le nombre de battements de cœur à la minute : en effet, en Occident, ou au moins en France, et globalement, nous avons tous un rythme cardiaque fixé à soixante-dix ou soixante-et-onze battements par minute. Les Japonais descendent à une moyenne globale de soixante-six ou soixante-sept battements. Une fois encore, ce sont des moyennes et des généralites qui n'excluent donc pas les exceptions.

Les Japonais interrogés sur le sujet parlent de leurs racines, une fois de plus, tandis que d'autres désignent leur alimentation saine et équilibrée pour réguler les battements du cœur et faire en sorte qu'il ne se fatigue pas trop vite. Ce qui est sûr, c'est que cela peut expliquer, peut-être, leur longévité (la plus importante au monde), puisqu'ils vivent avec un cœur qui travaille moins. Malgre le stress, l'alcool, le tabac, la maladie, les efforts qu'ils font tous les jours, l'augmentation du nombre de battements à la minute n'excède sans doute pas la nôtre dans de telles circonstances ; c'est vraisemblablement aussi ce qui nous donne l'impression qu'ils sont plus zen que nous.

La dernière différence dont j'ai entendu parler concerne les femmes enceintes et le temps au terme duquel elles accoucheraient : dix mois. Mais il n'y a pas lieu de s'étendre sur le sujet puisqu'ils ont sans doute une manière différente de compter les mois, un peu à l'image de notre rez-de-chaussée qui est leur premier étage.

La physionomie asiatique, et particulièrement chez les Japonais, est très marquée, peut-être plus que les Chinois, les Coréens ou les Vietnamiens, à mon sens. Pour gommer ces différences avec les Occidentaux et se rapprocher de l'apparence des Européens et des Américains, beaucoup de femmes du Kant
ô [ 関東 ], principalement, passent sur la table d'opération et se font "occidentaliser". Cela inclut notamment deux opérations :

- débridage des yeux.

D'après ce que je sais, il s'agirait juste de sectionner un nerf ou un tendon pour que la paupière repliée sur la base des cils soit détendue. Les Japonais ont des cils aussi longs que les n
ôtres, mais leur base étant masquée par l'épaisseur de la paupière supérieure repliée, ils donnent cette impression d'être plus courts. Les yeux semblent constamment étrécis, s'étirant à l'horizontale alors que leur forme originelle est sensiblement la même que la nôtre. Les Japonaises modernes, office-ladies ou filles branchées de Shibuya [ 渋谷 ] ou de Harajuku [ 原宿 ] sont les premières à avoir expérimenté le débridage, devenu un phénomène de mode à Tôkyô [ 東京 ].

- implants mammaires.

Si l'on s'appuie sur les g
énéralités, on remarquera que la plupart des Japonaises ont des petits seins. Cela n'est pas déplaisant... encore que chacun ira de son grain de sel pour donner son opinion. Toujours est-il que nombre de Japonaises sont complexées par leur poitrine plate et rêvent d'être aussi bien ornées qu'Angelina Jolie (c'est un exemple : je ne suis ni intéressé par elle, ni désintéressé. C'est l'indifférence la plus totale !). Du coup, elles ont recours aux implants mammaires. L'ennui, c'est que toutes n'ont pas les muscles et le squelette idéal pour pouvoir porter des bonnets un peu plus conséquents. Mais quelle fierté ensuite d'aller s'acheter des sous-vêtements dans les boutiques chic de Ginza [ 銀座 ] ou d'Omotesandô [ 表参道 ], et d'être regardée différemment par son mari ou son petit ami.

Ce n'est que pure perte de charme et d'exotisme, mais cela n'engage que moi : rien ne vaut le naturel... et des implants mammaires coûtent tellement chers et ne sont de plus pas exempts d'inconv
énients. Mais la "Parisienne" fait rêver les Japonaises avec ses longs cils, sa bouche pulpeuse, ses longues jambes et ses lolos bien haut perchés et arrondis. Tsss... L'Occident leur vend du rêve... mais elles ne veulent pas se contenter de songes ; elles veulent le beurre et la crémière ; quant  à l'argent du beurre, elles le donnent aux chirurgiens-esthéticiens et aux plasticiens, génies de la lampe qui leur accordent la réalisation de leurs souhaits pour réduire l'écart entre l'archipel et l'héxagone.

Les Japonais sont des êtres humains, nous sommes aussi des êtres humains -nous autres Français- et nous faisons la queue comme tout le monde à la Poste ou  à la banque, quel que soit le pays. Nous respirons par le nez et la bouche et mettons un pied devant l'autre pour marcher. Les différences sont physiques, les autres relèvent de la personnalité. Mais nous sommes tous humains, avec des variantes cependant. Relles et / ou fictives, là n'est pas la question. Il convient d'accepter chacun comme il est, mais pour se faire, il faut déjà apprendre à vivre avec soi-même, tel que l'on est...

Tel que l'on
évolue.



DJIGO : "Poursuite"
Traduction :
- 1ère case : Marrant, ce gugus !
- 3ème case : On abandonne ?
Article publié à 23h03, heure locale de Tôkyô, par Tokyostreams.
Par Tokyostreams
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Lundi 8 juin 2009 1 08 /06 /Juin /2009 14:30
La beauté de la langue française incite les propriétaires de boutiques à leur donner un nom franchisé.


Le blason de la France est bien plus que doré au Japon [ 日本 ] que nous ne le pensons : notre pays reflète une image très positive à l'étranger, et l'archipel ne fait pas exception à la règle. Il est manifestement -pour ainsi dire !- bien plus appréciable pour des Japonais d'avoir des amis qui viennent du pays d'Amélie Poulain plutôt que de celui de John Connor (excusez-moi, mais en ce moment, les publicités pour "Terminator 4" foisonnent sur le petit écran ici !).

Si les Japonais qui apprennent ou ont fait des études pour maîtriser l'anglais sont monnaie courante, ils ont globalement été motivés par l'aspect utile, international, de cette langue, pour des besoins professionnels ou dans le but de s'expatrier. Mais pour ce qui est du français, c'est uniquement parce que notre langue est belle à entendre, chantante, jolie à écrire (avec ses accents que les Japonais adorent), et aussi parce que nous autres Français(es) avons plutôt une belle apparence (tout est relatif, et les généralités ne sont pas systématiquement objectives), que les Japonais l'apprennent. C'est pour eux un loisir, un passe-temps, comme d'aller voir un bon film au cinéma ("Terminator 4". argh !) ou de lire un bon livre, à l'image du dernier roman de Murakami Haruki [ 村上・春樹 ] sorti dernièrement, et déjà best-seller depuis des semaines.

Le problème qui se pose, néanmoins, est que nombre d'élèves de français prennent parfois des cours dans une école ou ont des leçons particulières parce que c'est un phénomène de mode ; du coup, lorsque les tendances passent à autre chose, ils arrêtent tout naturellement l'apprentissage du jour au lendemain, sans préavis. En outre, certaines de mes élèves de l'an dernier, amies entre elles, fréquentaient l'école ensemble et avaient tenu à être dans la même classe, et ce bien que leur niveau n'était pas équitable. Elles nous avaient bien fait comprendre, à nous autres professeurs et directeur de l'école, que si elles étaient séparées, elles ne suivraient plus les cours. Cela conduisait les autres à arrêter d'apprendre le français dès que l'une d'elles manquait à l'appel ou perdait toute motivation, car elles tenaient à rester "entre copines". Mais ne soyons donc pas mauvaise langue ; c'est juste un peu dommage de s'arrêter à ça, c'est tout.

Comme quoi, rien n'est jamais acquis et le marché de l'enseignement de notre belle langue à Tôkyô [ 東京 ], s'il regagne peu-à-peu du terrain depuis le déclin de NOVA (chaîne d'écoles d'enseignement de langues étrangères au Japon) en octobre 2007, a encore beaucoup à parfaire pour être d'excellente qualité et se tenir confortablement sur ses positions.

Concernant le contenu de l'apprentissage du français, de nombreuses difficultés sont fréquemment rencontrées pour les Japonais. En voici quelques-unes :

1/ La prononciation :

- Les consonnes R et L : en japonais, ces deux consonnes, lorsqu'elles sont retranscrites en rômaji [ ローマ字 ], s'écrivent R et occultent donc le L. Ainsi, puisque les Japonais ne savent pas prononcer le L comme nous, ils liront certains mots de la même manière : par exemple, les verbes "lire" et "rire", les mots "râle", "rare", "lard" et "l'Art" seront prononcés à l'identique.

- Les consonnes B et V : comme le L qui disparaît, le V laisse sa place au B. Les verbes "boire" et "voir", les mots "vous" et "boue", "vol" et "bol" seront également lus exactement pareil.

- On peut donc ensuite élargir, avec les R, L, B et V, le champ des mots impossibles à différencier pour un Japonais n'ayant aucune notion de français : "balle", "bal", "Var", "val", "barre" en seraient de parfaits exemples.

- Les sons nasaux tels que AN (EN), IN (AIN, EIN, UN), ON (EON), etc. Il convient donc d'apprendre aux élèves à ouvrir davantage la bouche et à bouger les lèvres pour faire sortir le son désiré, tout en prenant soin de placer leur langue à l'endroit adéquat.

- Le J devant lequel ils ont l'habitude de mettre un D, comme lorsque nous disons "Djibouti" ou que nous prononçons "génération" en anglais. Il faut alors de leur demander de faire le son sourd "chhhh..." (leur son "shhhh...") et de le transformer lentement en son sonore après leur avoir expliqué comment faire.

- les consonnes composées avec un R, comme BR, CR, DR, FR... Il s'agit là de l'une des plus grandes difficultés, le son R qui sollicite le fond de la gorge étant au moins aussi difficile que les douze travaux d'Hercule pour les Japonais.

- les E sourds en fin de mot : ils prononceront "patte" comme "patsu" ou "patto", ne sachant pas dire T sans y ajouter une voyelle que l'on entendra.

2/ La ponctuation :

Les Japonais qui écrivent en français, voire en lettres romaines (anglais, espagnol, allemand, etc) oublient souvent de mettre une majuscule en début de phrase : c'est normal pour eux, car il n'y en a pas en japonais. Le point, en revanche, est présent, mais sous la forme "。" et la virgule devient "、". Fi de point-virgule ";" et des deux points ":". Si ces signes de ponctuation sont toutefois intégrés dans les systèmes d'exploitation des micro-ordinateurs, dans les téléphones portables, les livres et la presse en général, ils sont très peu usités (ils se perdent aussi beaucoup chez nous).

3/ Les accents :

Sans doute l'un des signes les plus distinctifs de notre langue ; du coup, au Japon, tout ce qui a un accent passe pour être du français, et les commerces ont des noms avec beaucoup d'erreurs lorsqu'ils utilisent notre langue, à moins que ce ne soit une figure de style. Le C cedille "ç" a particulièrement le vent en poupe dans le cœur des Nippons. Quoi qu'il en soit, les Japonais oublient souvent de manuscrire les caractères spéciaux : d'ailleurs, étrangement, dans une grande majorité de manuels de français imprimés au Japon (excluant celui de la photo ci-dessus, très bon), les lettres "œ" ou "æ" n'éxistent pas. Décidément, seuls les plus avertis sauront correctement utiliser les accents.

4/ Les articles et les genres :

"Pourquoi le Japon est-il masculin et la France féminine ?", m'a-t-on souvent demandé. "Et d'abord, pourquoi faut-il utiliser un article ?". Si vous répondez à vos élèves que les articles servent à déterminer le nombre et le genre, ils vous répondront qu'en japonais, il n'y a pas de genre. Suivra donc la question "Et comment fait-on pour savoir si un mot est masculin ou féminin ?" Et là, grand blanc ! Par conséquent, l'apprentissage de nouveaux mots de vocabulaire aux Japonais se fait systématiquement avec un article, la plupart du temps indéfini : "un" ou "une".

Pour finir cet article, on peut conclure que le français se porte à merveille au Japon, malgré un enseignement qui reste encore très perfectible puisque de nombreuses lacunes souillent la qualité des cours dispensés. Les Japonais ont besoin de sentir qu'ils font des efforts, qu'ils comprennent et peuvent parler d'eux-mêmes. Leur expliquer les règles de grammaire de la langue française en leur disant que ceci s'appelle une conjonction de coordination ou que cela se fait plus à l'écrit qu'à l'oral ne servira qu'à les embrouiller : il convient de leur enseigner ce dont ils auraient besoin pour communiquer en France, les bases même qui leur permettront de faire leurs propres phrases avec une excellente prononciation. Le vocabulaire, ensuite, n'appartient plus qu'à eux.

Les professeurs, habitués à enchaîner des journées de six ou sept heures, sont payés à partir de 2000 yens de l'heure dans les petites écoles et cela peut monter jusqu'à 6000 yens, voire presque 10.000 yens pour les plus grands avec diplômes, expérience et références. Dans ces conditions, l'argent semble gagné facilement, mais ce n'est pas sans efforts que les enseignants dispensent des cours de qualité, car la clientèle japonaise est facile à conquérir, mais difficile à conserver. Il faut être attentif à leur expression et bien connaître le mode de pensée japonais, car ils quitteront peut-être votre cours avec le sourire sans pour autant avoir compris quoi que ce soit.



DJIGO : "Monnaie rendue !"
Traduction :
- 2ème case : Fuyons...
- 3ème case : Revanche !!
Article publié à 21h30, heure locale de Tôkyô, par Tokyostreams.
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Dimanche 7 juin 2009 7 07 /06 /Juin /2009 16:00
On est souvent bien loin d'imaginer ce qu'il peut se passer dans son voisinage... même à Tôkyô !


On dit que Tôkyô [ 東京 ] est l'une des villes les moins dangereuses des cinq continents, et l'on a toutes les chances de comprendre quelles en sont les raisons lorsque l'on vit sur place et que l'on connaît bien les Japonais puisque c'est rarement dans leur nature d'avoir de mauvaises intentions qui les pousseraient à enfreindre la Loi. Ça, c'était la première raison, et je tiens à signaler, bien évidemment, que tout est aussi question de personnalité. Ensuite, la police est très présente à Tôkyô : il y a de nombreux kôban [ 交番 ] qui sont de minuscules commissariats de police occupés par deux ou trois agents, voire plus si besoin est. Ces agents, par leur présence, sont des plus dissuasifs et leur travail va de pair avec celui qu'ils accomplissent en véhicule : en effet, de nombreuses voitures patrouillent dans les grands boulevards, passant parfois dans les petites ruelles au fin fond des quartiers pour y traquer le petit délit mineur, pour la sécurité des citoyens. L'existence de ces kôban ne dispense pas les grands commissariats de servir puisque ce sont eux qui centralisent les informations : les policiers qui travaillent dans les kôban passent surtout le plus clair de leur temps à s'occuper des bicyclettes, renseigner les passants perdus pour leur indiquer le bon chemin ou veiller à ce que vous traversiez la route aux endroits prévus à cet effet.

Dans les rues, on peut egalement croiser de nombreux policiers qui se déplacent en vélo, et qui sont très disponibles pour tous. Aux passages piétons de moindre importance comme aux carrefours de grande envergure, des agents de la circulation veillent au grain et sont parfois accompagnés d'un véhicule (photo ci-contre) en faction prêt à démarrer au moindre faux-pas des automobilistes qui déboulent à toute allure en NISSAN [ 日産 ] Skyline GTR-34R ou en simple MAZDA [ マズダ ] Demio aux allures de pot de yahourt. De plus, pour les mal-voyants et aveugles, il est très fréquent qu'un signal sonore soit émis par un système audio relié à des haut-parleurs pour les avertir qu'ils peuvent traverser la chaussée sans encourir de danger.

Si les affaires de meurtres sont peu fréquentes (mais non moins ignobles), on recense ici  à Tôkyô un grand nombre de suicides, obligeant la sécurité à être renforcée : sur certaines lignes de métro et dans certaines gares, par exemple, il est impossible de se jeter sur les rails car le bord du quai est protégé par une barrière à l'intérieur de laquelle coulissent des portes lorsque la rame est  à quai, afin que les voyageurs descendent et montent en toute quiétude. Dans les escaliers en colimaçon des game-centers [ ゲッセン ] qui s'élèvent sur plusieurs étages, des grilles circulaires ont été disposées au centre, au-dessus de vide, pour ne pas que les jeunes s'amusent à escalader la rampe au risque de tomber. Dans les centre-commerciaux, de nombreux messages diffusés dans tous les étages rappellent  à la plus grande vigilance vis-à-vis des enfants qui ont tendance à monter sur la rampe des escalators, et des ascenseurs dont les portes peuvent s'avérer dangereuses. Malgré cela, de nombreux Japonais trouvent le moyen de se donner la mort.

Les Japonais connaissent quelques vices tels que le fait de prendre des photos sous les jupes des écolières ou des office-ladies, pour ne citer qu'elles, dans les transports en commun aux heures de pointe. D'autres, pires, vont jusqu'aux attouchements. Ces derniers portent le nom de chikan [ 痴漢 ] et ils sont malheureusement très nombreux. On n'oubliera pas, bien sûr, ceux qui agressent les femmes seules dans les petites rues sombres et les obligent à faire leurs quatre volontés. Il coule donc de source qu'il est particulièrement déconseillé aux femmes seules de se promener dans des petits quartiers résidentiels, même bien éclairés, à la tombée du jour, et certains coins de Tôkyô, à l'image de Kabukichô [ 歌舞伎町 ], dans la préfecture de Shinjuku [ 新宿区 ], ne doivent pas être pris à la légère et fréquentés dans la nuit, car les Japonais qui ont bien voulu m'éclairer un peu sur les yakuza [ やくざ / ヤクザ ] du Kantô [ 関東 ] m'ont tous bien spécifié que Kabukichô était une plaque tournante dans le monde de la mafia japonaise et que toutes sortes de trafics y étaient faits. Au cas où, pour dissuader les personnes mal intentionnées qui vous suivraient comme votre ombre dans les ruelles peu fréquentées, les fabricants de téléphones portables ont mis au point un système qui simule un appel reçu, faisant sonner votre keitai [ 携帯 ] et vous permettant de parler à un interlocuteur fictif pour lui expliquer la situation. Personnellement, je doute un peu de l'utilité de cette fonction. Toujours est-il qu'il est manifeste que les yakuza ne sont agressifs que si vous vous frottez à eux ; le grand danger de la mafia japonaise telle que l'image que nous en avons en France est bien loin de la réalité. En outre, les yakuza sont respectueux de certains codes (des Vertus comme l'honneur, par exemple).

Bien sûr, comme dans tous les pays, les faits divers relatent des affaires de crimes : chacun se souviendra de cette femme de 34 ans qui, le 28 juin 2008, à 19h40, aux abords de la sortie est de la gare de Hiratsuka [ 平塚駅 ], dans la préfecture de Kanagawa [ 神奈川県 ], a sorti un couteau et a poignardé des voyageurs dans le dos ou la poitrine : "J'ai voulu tuer mon père, mais je n'ai pas pu. Pensant me donner la mort, je voulais d'abord tuer d'autres personnes" avait-elle déclaré aux autorités, comme pour justifier son geste. Et ce n'est certes pas un cas isolé. Mais alors qu'est-ce qui peut bien pousser les gens à avoir de telles pensées. S'il s'agit vraisemblablement d'un dysfonctionnement dans le raisonnement même de la personne qui sent qu'elle n'a plus rien à perdre, il n'empêche que les pressions sociales dans le pays -principalement dans les grandes villes de l'archipel- comme celles qui sont liées au travail, provoquent stress et perte des réalités. C'est vraisemblablement leur façon à eux d'exprimer leur révolte envers un pays pour qui ils ont l'impression de tout donner sans rien recevoir en retour. Mais il serait trop facile de se laisser aller au crime pour imposer ses opinions sur la vie au Japon [ 日本 ].

Paradoxalement, le vol n'est pas légion dans l'archipel : vous êtes à peu près certain de retrouver au bureau des objets trouvés dans les gares votre sac-à-main que vous auriez oublié sur la banquette d'un train, avec tout son contenu. Et le crime organisé, lui, se fait plus discret qu'à l'étranger. Mais chacun sait pertinemment qu'il est présent, là, quelque part autour de nous, tapi dans l'ombre, silencieux jusqu'à ce qu'une étincelle allume la mèche qui provoquera au pire.



DJIGO : "Surprise !!"
Traduction :
- 1ère case : (rires)
Article publié à 23h00, heure locale de Tôkyô, par Tokyostreams.
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Samedi 6 juin 2009 6 06 /06 /Juin /2009 11:27
Sur Gaienhigashi-dôri, les larges trottoirs permettent aux cyclistes de circuler sans risques pour les piétons.


La jeune fille en bicyclette qui avait failli vous percuter le 24 mai dernier sous la pluie n'est pas un cas isolé : les cyclistes qui ne font pas attention aux piétons sont légion à Tôkyô [ 東京 ], et en vous promenant ne serait-ce que dans les 23 principales préfectures de la capitale, vous aurez sans doute l'occasion d'entendre des patins de pneus hurler à la mort en se frottant au flanc des roues, ou de voir de rapides courbettes échangées avant que chacun ne file vers sa destination comme si rien ne s'était passé.

Et pourtant, ce n'est pas la largeur des trottoirs qui fait défaut ; du moins, théoriquement. En effet, dans la plupart des quartiers de la métropole, plus de deux-tiers (à vue de nez) des trottoirs sont séparés pour que chacun ait son espace pour circuler : largeur pour les piétons et largeur pour les cyclistes. Parfois même, comme dans la préfecture de Bunkyô [ 文京区 ], les piétons ont chacun un couloir marqué au sol comme les différentes files d'une route nationale pour indiquer la direction. Et presque systématiquement, dans les grandes artères, le goudron est maculé d'une ligne jaune anti-dérapante pour les aveugles et mal-voyants. Chacun a donc en principe son espace bien à lui.

Mais malheureusement, la majorité des cyclistes et des piétons ne respectent pas les infrastructures prévues pour assurer une cohabitation sécurisée entre les différents types de locomotion, et la plupart du temps, les utilisateurs de deux-roues prennent la priorité lorsqu'ils ne l'ont pas, roulant sur les trottoirs comme des piétons, mais revenant sur l'asphalte dès que le feu est vert (photo ci-contre) pour les véhicules. "Lorsque le feu est rouge, je suis piéton, et lorsqu'il est vert, je suis chauffeur", semblent-ils signifier. C'est comme ça les arrange ! Mais cela n'est pas de mise uniquement pour Tôkyô, ni même exclusivement pour le Japon [ 日本 ]. Dans toutes les villes, les cyclistes se veulent seuls au monde et détenteurs de tous les droits. Ben voyons...

La situation serait à peu près gérable s'il n'y avait que peu de cyclistes... mais nous parlons du Japon [ 日本 ], un des pays de l'Asie qui consomme le plus de vélos. D'après une étude menée en 2000 au Japon, il y aurait dans tout le pays un vélo par personne et demie, soit -pour simplifier- deux vélos pour trois personnes. Devant une telle affluence de deux roues non-motorisés, il a fallu mettre en place de nouveaux systèmes dans le milieu urbain, notamment en termes de parkings. En effet, pour assouvir le besoin des Japonais de laisser leur bicyclette un peu n'importe où, des règles souples ont été appliquées, mais attention aux contraventions : un vélo qui gène un accès, qui est mal placé dans l'espace prévu à cet effet ou qui n'a pas été utilisé depuis longtemps a toutes les chances de se faire embarquer par les autorités qui régissent l'ordre sur la voirie, et les possesseurs de deux-roues qui négligent les bonnes manières écoperont rapidement d'une amende. Ainsi, de nombreux "contractuels" veillent au grain, repositionnent bien les bicyclettes comme il faut, les remettent sur la béquille lorsqu'ils s'appuient sur le vélo voisin et font en sorte, globalement, que tout se passe bien pour piétons et cyclistes.

Si, malgré tout, les possesseurs de bicyclettes les garent un peu n'importe où (photo ci-contre), on peut quand même saluer le système de parkings sur rails auxquels elles sont arnachées, puis surélevées pour gagner de la place au sol. Ces parkings à vélos sur deux niveaux ne sont certes pas légion, mais dans les endroits les plus fréquentés, on en trouve encore énormément.

Les bicyclettes japonaises sont globalement les mêmes qu'en Europe, mais on notera malgré tout quelques petites modifications : d'abord, le panier en métal entre les deux poignées, fixé au berceau évasé du guidon : indispensable pour faire ses petites courses au combini du coin. Ensuite, au rayon des originalités, on trouve le cadenas intégré au vélo, système mécanique soudé à l'arrière du cadre, presque au niveau des patins de freins : la clef du dispositif en forme de fer à cheval actionne le blocage de la rotation de la roue au moyen d'une langue métallique qui passe dans les rayons de la gente et pénètre dans un trou de l'autre côté du système pour y être verrouillée. Les Japonais ne sont pourtant pas les rois de la cambriole ou de la cleptomanie, mais cela vaut mieux que rien, au cas où. Enfin, il faut signaler la béquille qui n'est non pas une tige, mais un arceau amovible qui sert de pied à la bicyclette et surélève sa roue arrière lorsqu'elle est baissée. Autrement, le reste de la bicyclette de ville la plus répandue à Tôkyô est du même accabit que celles de France et de Navarre. On trouve néanmoins quelques V.T.T. et V.T.C., mais en quantité très faible, ainsi que de plus en plus de minibero [ ミニベロ ] dont le nom semble venu tout droit de notre belle langue française ("mini-vélo") et qui n'est autre qu'un minuscule vélo aux roues de diamètre réduit et à la selle et au guidon téléscopiques : facile à transporter durant les heures de pointe sur la ligne Seibu-Shinjuku [ 西武新宿 ] si ça vous tente... non ?

Comme vous le constatez, il y en a pour tous les goûts ? Enfin bon, que vous respectiez l'ordre sur la voirie ou non, circuliez en moutain bike ou en bicyclette ordinaire, peu importe. Mais une chose est sûre : vous êtes un(e) adepte de la petite reine.



DJIGO : "Les heures égrainées"
Article publié à 18h27, heure locale de Tôkyô, par Tokyostreams.
Par Tokyostreams
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Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /Juin /2009 09:55
Manifestement habituées à venir au Gas Panic Club de Roppongi, ces filles ont déjà marqué leur territoire.


Roppongi [ 六本木 ] est sans aucun doute le quartier le plus fréquenté par les Etrangers, majoritairement Américains. Situé dans la préfecture de Minato [ 港区 ], en plein centre de Tôkyô [ 東京 ], il est également renommé pour être le berceau d'un immense lieu d'animation qui fait aussi office de centre-commercial, appele Roppongi Hills [ 六本木ヒールズ ] où la Mori Tower [ 森タワー ] s'élève pour atteindre les cieux du bout des doigts à 238m d'altitude. L'avenue Gaienhigashi [ 外苑東通り ] qui part du carrefour à cinq artères situé au cœur du quartier mène vers la Tour de Tôkyô [ 東京タワー ] que l'on peut voir illuminée au loin lorsque l'on sort du métro ; c'est là que la vie nocturne prend forme à la tombée du soir, les vendredis et samedis, principalement.

Bars, discothèques et clubs en tout genres attirent une clientèle principalement étrangère, même si la majorité des passants sont Japonais. Pour ces derniers, Roppongi reste un lieu idéal pour s'y amuser : boire pour déstresser est comme un choix ordinaire pour les plus jeunes, et c'est dans les rues de Roppongi qu'ils trouvent généralement un endroit agréable et chaleureux pour y dépenser quelques milliers de yens en échange d'une demi-douzaine de verres d'alcools divers et variés.

Certains clubs de Roppongi sont de véritables jungles où la drague bon marché y trouve ses lettres de noblesse. Les filles (photo ci-contre) semblent se présenter comme du gibier en attendant d'être conquises par un prédateur. A partir de 22 heures le week-end, la chasse commence et les personnes esseulées y trouvent quelques instants de bonheur. Quelques minutes d'attention, des propos anodins pour commencer avant de rentrer dans le vif du sujet et, l'alcool aidant, l'inhibition qui érige un mur autour de chacun est réduite à néant pour le plus grand plaisir provisoire des deux âmes qui s'apporteront mutuellement ce qui leur manque. C'est ainsi qu'au bout de quelques dizaines de minutes, ou quelques heures -c'est selon-, les deux congénères quitteront ensemble le club pour aller se consommer dans un endroit plus discret.

D'autres sortent à Roppongi, indépendamment en semaine ou le week-end, juste pour y boire quelques bières en écoutant de la musique ou en regardant les rencontres sportives de base-ball ou les combats de sumô [ 相撲 ] qui sont diffusés sur les écrans plats fixés en hauteur au mur par un bras amovible. Tout en sentant l'animation autour d'eux, ils se repaîtront de cette atmosphère appréciable sans pour autant décrocher un traître mot à l'attention de qui que ce soit dans leur entourage. La drague n'est pas leur centre d'intérêt.

Les derniers types de clients qui viennent profiter des nuits animées qui prennent possession de Roppongi sont les groupes d'amis ou les couples -plus rares- qui sortent tous ensemble ; il s'agit là de la sortie tant attendue du vendredi ou samedi soir. Ce n'est jamais qu'une fois par semaine, et pour une fois que tous les violons sont accordés. Sortir en boîte est certes différent d'un karaoke [ カラオケ ] ou d'un cinéma, mais ils y prennent tout autant de plaisir. Ils se font des tournées durant lesquelles untel paie son verre aux autres, se prennent en photo devant le mur de bouteilles de l'autre côté du comptoir, aveuglant le serveur avec le flash de leur appareil numérique, et jouant tous avec des pailles phosphorescentes. Ils rient, ils jacassent, ils décompressent ensemble et passent un moment convivial qui contrastera avec le triste retour à la realité du lundi matin suivant, à nouveau sobres. Car soyez-en certain, ils ne boivent pas du thé vert, ni même une petite tasse de sake [ 酒 ] bien de chez eux. Ils enchaînent les verres pour se perdre dans l'ivresse et se sentir dans un monde qui n'appartient qu'à eux. Qui les en blâmerait ? En attendant que jeunesse se passe...

Au milieu de la nuit, si l'envie vous prend de sortir faire un tour pour marcher au frais dans les rues et trouver asile dans un lieu plus intimiste où vous pourrez bavarder avec votre moitié, vous n'aurez alors aucun mal à trouver un sobaya [ 蕎麦屋 ] (restaurant spécialisé dans les nouilles appelées soba [ 蕎麦]), un sushiya [ 寿司屋 ] ou un restaurant qui vous servira du râmen [ ラーメン ]... à moins que vous ne souhaitiez rester dans une atmosphère internationale et élire asile au Mac Donald's qui fait face au Don Quichotte (chaîne de magasins bon marché) sur l'avenue Gaienhigashi. Le cas échéant, allez donc acheter un bentô [ 弁当 ] (boîte-repas) dans le Daily Yamazaki situé au nord du carrefour de Roppongi pour le consommer aux abords de la statue Maman [ ママン ], à Roppongi Hills... avant de revenir dans le brouhaha infernal des lieux d'animations qui font battre le cœur de Tôkyô en son sein jusqu'à l'aube.



DJIGO : "Dans l'ordre d'apparition"
Article publié à 16h55, heure locale de Tôkyô, par Tokyostreams.
Par Tokyostreams
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