Partager l'article ! Journal du lundi 20 juillet 2009 - le "Jour de la Mer": Ce ciel sombre n'est qu'illusion dûe aux mauvais régla ...
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Ce ciel sombre n'est qu'illusion dûe aux mauvais réglages de mon appareil-photo numérique.
Kiku et moi nous retrouvâmes par ce chaud matin de juillet sur le quai n°4 de la gare d'Ueno [ 上野 ], celui qu'arpentaient les voyageurs de la ligne Keihin Tôhoku [ 京浜東北
] à destination d'Ôfuna [ 大船 ]. Il était 8h28 lorsqu'elle me rejoignit à mi-hauteur du quai après m'avoir fait un signe de la main accompagné d'un sourire. Néanmoins, je ne
la reconnus pas de suite à cause de sa coiffure qui avait changé : son carré court raide avait en effet laissé place à des cheveux ondulés. Vêtue d'une fine robe aux motifs
floraux très colorés et qui lui allait bien, chaussée de tongs dépareillées, elle portait un sac en bandoulière sur l'épaule gauche et dégageait un air de vacances, ce qui contrastait
avec ma tenue plutôt décontractée, certes, mais pas très estivale : tee-shirt bleu marine EMPORIO ARMANI, jean GAP à moitié déchiré au niveau de la cuisse droite (le petit trou fashion s'était
élargi pour mon plus grand déplaisir) et sneakers PUMA noires à bande verte et jaune. Rien à voir !
Nous avions donc voyagé jusqu'à Shinagawa [ 品川 ] en longeant la ligne Yamanote [ 山の手 ] dans le sens des aiguilles d'une montre, mais voyageant néanmoins sur la Keihin Tôhoku.
Les gens étaient nombreux dans le wagon et à l'ouverture des portes, nous fûmes emportés, Kiku et moi, par le flot incessant de voyageurs qui s'engouffraient dans le train sans se soucier de
savoir si nous pouvions tous tenir à l'intérieur. Debouts à côté des portières opposées au quai, nous nous agrippâmes aux poignées suspendues et voyageâmes ainsi côte-à-côte tout en
échangeant nos dernières nouvelles. Le ciel tantôt couvert, tantôt éclairci créait des ombres alternantes sur les publicités placardées au-dessus des grandes vitres panoramiques, si bien qu'il
semblait impossible de pouvoir les lire correctement sans s'abimer la vue. Avec le bourdonnement du wagon et le balancement latéral lancinant auxquels nous étions soumis, je commençai à sentir
mes paupières lourdes. Je fixai alors Kiku et découvris qu'elle somnolait. Elle sembla toutefois très éveillée lorsque nous descendîmes pour la correspondance.
Le trajet complet fût long : à Shinagawa, nous attendîmes quelques temps avant que n'arrive le train qui nous conduirait par la ligne Tôkaidô [ 東海道線 ] jusqu'à la gare de Totsuka
[ 戸塚 ], afin de prendre la ligne Yokosuka [ 横須賀線 ] jusqu'à Kamakura où je devais de toutes manières descendre et sortir pour acheter un billet. En effet, je
n'avais pu en prendre un jusqu'à Yuigahama [ 由比ヶ浜 ] depuis la gare d'Ueno pour d'obscures raisons (je m'étais renseigné aupres d'un agent de la JR qui avait consulté une espèce de
pavé énorme) et l'on m'avait recommandé de descendre à Kamakura et, à ce moment-là seulement, d'acheter un billet pour la suite du trajet. Cela m'avait quand même coûté 890 yens jusque là.
En chemin, nous passâmes par les gares de Kawasaki [ 川崎 ] et de Yokohama [ 横浜 ], deuxième plus grande ville du Japon [ 日本 ] après Tôkyô [ 東京 ]. Je me souvins
lorsque, plus de deux ans plus tôt, j'avais rencontré dans le quartier de Minato Mirai [ みなとみらい ] de Yokohama un Américain du nom de James qui nous avait accostés, mon ami et moi, et
avec lequel j'étais encore en contact.
A Kamakura, Kiku et moi décidâmes finalement, de nous offrir
le luxe de prendre un taxi qui nous conduirait jusqu'à la plage de Yuigahama. Il était encore tôt, car malgré les deux correspondances à Shinagawa et à Totsuka, nous avions gagné du temps puisque
les trains empruntés n'avaient pas été omnibus. Du coup, pour commencer à nous relaxer, le choix de nous laisser conduire jusqu'à destination nous sembla le plus approprié.
Le véhicule ne put prendre que des petites rues pour recourrir à l'accès le plus direct, presqu'en ligne droite malgré de nombreux carrefours, et je regardai de temps à autres le petit GPS,
voyant l'étendue bleue de la mer et les terres circulaires de la baie de Sagami [ 相模湾 ] dans la partie supérieure de l'écran. De temps à autres, mon regard se posait sur le décor
résidentiel qui se dévoilait à gauche sous mes yeux à travers la vitre du taxi, tandis que Kiku, manifestement fatiguée, semblait encore somnoler, lovée dans la banquette à ma droite. Je lui
posai la question de savoir si elle allait bien, et elle me répondit que oui, ajoutant qu'elle était juste fatiguée à cause du trajet en train qui l'avait rendue léthargique, mais me rassura
néanmoins aussitôt en me lançant un sourire accompagné d'un "On va à la mer, Eric !" qui me sembla des plus enjoués.
Lorsque la mer se profila au loin, le compteur du taxi n'avait pas bougé : 710 yens. La vision caractéristique des littoraux du monde entier, où l'avenue semble aller vers nulle part, où
l'horizon paraît faire corps avec le ciel immaculé, répandit son panorama sur une bonne largeur, et bientôt, la baie tendit ses bras pour les refermer sur nous. Le bout du monde... Le taxi
s'y arrêta après avoir fait un écart sur la gauche, je réglai la note avant de récupérer mes espèces et de saluer le chauffeur, et m'extirpai hors du véhicule tout en sentant sur moi le vent
frais et iodé de ce bord de mer m'envelopper. Kiku me remercia et nous traversâmes la rue qui longeait la plage d'où nous parvenaient cris et bruits de vagues enchanteurs alors que le taxi
repartait vers son prochain client.
Nous descendîmes en faisant face à la mer une petit chemin de bois recouvert de sable à droite duquel se trouvait un commerce d'articles de plage. Kiku m'annonça qu'elle avait besoin d'y faire
des achats avant de bifurquer vers l'entrée de la petite cahute qui se dressait désormais devant nous. Cela tombait bien, car il me fallait aussi en faire. En effet, j'avais grand besoin d'une
serviette de bain et de tongs.
Une femme coiffée d'un chapeau de paille nous accueillit avant de se consacrer à sa cliente et ses enfants qui avaient l'air de vouloir acheter tout le stock. Je découvris devant le petit garçon
amusé par le carton qu'il avait en face de lui de nombreuses paires de tongs à l'intérieur. Je pris une paire bleue et blanche à ma pointure, marquée d'un "Piko" azur sur la bride en Y après
avoir choisi une serviette de bain gigantesque de la marque de sport CHAMPION. Kiku, qui en avait besoin, jeta son dévolu sur la même. Je passai à la caisse et en eus pour 3800 yens avant de
sortir dehors pour regarder la plage qui naissait à mes pieds, et fus rejoint par mon amie. Nous nous dirigeâmes prestement, malgré le sable brun dans lequel nos pieds s'enfonçaient, vers ce
que les Japonais appellent "la Maison de la Mer" [ 海の家 ].
En nous y rendant ensemble, je regardai sur ma droite la mer en contrebas à l'extrémité de la plage en pente douce, et dont les vagues incessantes léchaient le sable humide en laissant une mousse
sur la surface brunâtre et humide. Ici-et-là, de nombreuses personnes bavardaient tout en buvant et en fumant, tandis que d'autres s'appliquaient de la crème sur le corps pour se protéger des
ultra-violets qui, véhiculés par les rayons du soleil perché dans un bleu magnifique, tendaient à brunir la peau plus que de rigueur. Il faisait beau, le temps était superbe et l'Océan Pacifique
se perdait vers le sud pour ne devenir plus qu'une bande d'un bleu resplendissant où l'on aurait plaisir à se noyer...
Nous arrivâmes à la "La Maison de la Mer" qui n'était autre qu'une
grande maison avec une terrasse sur le devant, lattes en bois, le tout délimité par une barrière, et qui offrait de nombreux services : buvette (boissons, snacks et déjeuners), toilettes,
douches, tables et chaises pour se restaurer, location de parasols et de chaises longues pour la plage, appareils de gonflage de bouées, etc. Nous nous y rendîmes donc avec Kiku et louâmes deux
chaises longues. Le tarif ordinaire par personne étant de 1500 yens pour la journée, nous dûmes théoriquement en payer 3000, mais elle avait en sa possession dans son portefeuille une petite
carte qui fit baisser le tarif à 2000 yens. Je n'eus pas la curiosité de demander à Kiku de quoi il s'agissait. J'allongeai la monnaie, on nous passa un bracelet bleu en plastique autour du
poignet (possiblilité de choisir l'endroit ; certains l'avaient à la cheville) et nous pûmes accéder à la terrasse bardée de parasols PEPSI Nex. Nous choisîmes un casier commun pour y laisser nos
affaires et Kiku m'invita à aller me changer le premier. J'acquiescai en l'entendant me dire qu'elle m'attendait là.
Je me retrouvai donc dans les douches des hommes où je fus de suite dévisagé lors de mon entrée dans la pièce sombre et étroite devant compter une demi-douzaine de cabines. "Un
étranger", semblaient dire les regards des personnes alentour. Je ne leur témoignai pas plus d'intérêt que le minimum, posai mon sac au sol et fis face au miroir avant de commencer à me
déshabiller. Ce faisant, je constatai que les Japonais autour de moi portaient tous un maillot de bain type short long et ample, alors que le mien était du genre moulant et court. Rapidement, ne
gardant que ma précieuse gourmette au poignet droit, je rangeai mes vêtements dans mon sac et sortis rejoindre Kiku qui m'attendait. À son tour, elle alla dans les douches des femmes pendant que
je surveillais nos affaires.
Lorsqu'elle revint, nous allâmes nous adresser à un jeune homme de la Maison de la Mer pour lui demander de nous installer les chaises longues sur la plage et, en sa compagnie, nous
choisîmes un emplacement quelque peu éloigné du rivage, entre un groupe de deux femmes et d'un enfant à notre gauche et un couple à notre droite. L'employé, dans le type Japonais
d'Okinawa [ 沖縄 ] bien bronzé et bâti comme un Apollon, retourna vers la terrasse pour nous laisser nous mettre à l'aise et entamer notre journée à la plage.
Elle fut merveilleuse, cette journée...
Je m'allongeai sur la chaise longue et regardai le ciel bleu légèrement tâché de nuages en altitude pendant que Kiku entamait sa séance de bronzage. Mon teint me convenant tout-à-fait, je
n'espérais pas prendre de couleurs, et habitué à ne pas mettre de crème protectrice, je n'en utilisai pas et refusai donc lorsque Kiku m'en proposa. Elle se leva ensuite pour aller nous
chercher de quoi nous restaurer un peu et me ramena une bière fraîche que je dégustai sur la plage en fumant une cigarette. Je fus d'ailleurs surpris de voir l'énorme proportion de fumeurs, tous
ayant un petit cendrier de poche comme moi, ou un modèle rigide en métal plus important pour plusieurs personnes.
Il faisait chaud... trop chaud malgré les nuages qui masquaient le soleil par intermittence !
Kiku et moi bavardâmes et elle m'avoua ne pas avoir prévu de se baigner, ajoutant qu'elle n'était pas à l'aise dans l'eau, que ce soit à la mer ou dans une piscine. Je lui avouai que
moi non plus, mais qu'étant sensible à la chaleur ambiante, j'avais réellement besoin de me rafraîchir et que j'escomptais donc aller faire trempette un peu plus tard. Des gouttes de sueur
perlaient sous mes aisselles, dégoulinaient dans mon dos et glissaient sur mon front pour mourir sur mes arcades sourcilières. Je parvins à tenir le coup ainsi quelques dizaines de minutes
avant de dire à Kiku : "J'y vais !"
La température de l'eau me sembla bonne d'entrée de jeu ; sans doute froide aux dires des Japonais, manifestement frileux pour la plupart, mais elle était tout-à-fait à mon goût. Je
m'immergeai dans les vagues en frémissant lorsque le niveau atteignit mes flancs, et me projetai en avant pour commencer à nager un peu. Les courants qui berçaient l'Océan Pacifique et
voulaient m'emporter au loin s'avérèrent plus puissants que je ne l'avais imaginé ; aussi décidai-je de ne pas m'éloigner trop loin. Sous mes pieds, le sable fin et humide se creusait d'un
coup, comme un talus, et au-delà de cette limite, je n'avais plus pied. Je revins donc un peu vers le rivage, de deux ou trois mètres, plongeai la tête une fois sous l'eau et m'accroupis ensuite,
battant de bras et des mains pour me maintenir au même endroit. Et regardai la plage.
A ma gauche, vers l'ouest, Inamuragasaki [ 稲村ヶ崎] semblait
plonger violamment dans l'océan alors que le cap de Zaimokuza Iijima [ 材木座飯島 ], à l'est sur ma droite, glissait dans la mer sur une légère inclinaison. Et entre les deux, trois
kilomètres deux-cent de plage. Je tentai de voir Kiku, mais les gens étaient si nombreux que cela me fut impossible. Je sus toutefois la localiser.
A un moment, je dus faire attention à un couple dont la fille calée dans une énorme bouée se laissait porter par les vagues alors que son ami la rejoignait à la nage. En raison
d'une vitesse de glissade accrue à la surface de l'eau, j'eus à peine le temps de la deviner dans mon champ de vision que je m'élançai sur le côté pour l'éviter. Elle n'eut toutefois
pas le souci de demander pardon ; son petit ami, en revanche, me regarda en ayant l'air de vouloir s'excuser pour elle et je hochai la tête en signe de politesse, mais il alla ensuite la
rejoindre sans décrocher un mot, pensant peut-être que je ne parlais pas japonais. La fille, comme insouciante de tout, riait encore à gorge deployée alors que je m'extirpai hors des flots
au bout d'une vingtaine de minutes de baignade.
Kiku était magnifique dans son petit maillot deux pièces noir et violet. Je lui dis, après l'avoir regardée revenir des toilettes, qu'il lui allait bien et elle me remercia. Elle s'allongea sur
sa chaise longue et je l'observai attentivement en repensant à la nuit de décembre dernier que nous avions passée ensemble... jusqu'à ce que ses yeux se posent sur moi. "Qu'est-ce que tu
fais ?", me demanda-t-elle en semblant gênée. "Rien du tout !", répondis-je sans cligner des paupières, ni détourner mon regard de la chute de ses reins. "Arrête !",
s'écria-t-elle d'une voix amusée en me tournant le dos. Amusé moi aussi, j'arrêtai néanmoins de la taquiner, m'allongeai correctement à mon tour sur ma chaise longue et scrutai au loin
la ligne d'horizon d'un bleu limpide.
L'Océan Pacifique...
Alors que l'après-midi était bien avancée, Kiku me demanda ce que je voulais que l'on fasse, et ajouta que ce serait une bonne idée d'aller à Kamakura pour faire un peu de tourisme avant de
rentrer à Tôkyô. Je regardai l'heure sur mon téléphone portable : 14h32. Je lui répondis que l'on pouvait en effet y aller dès maintenant, ajoutant que nous avions le temps, et argant que,
pour ma part, j'avais assez lézardé au soleil. Après une seconde et dernière petite séance photo(Kiku refusa que je la prenne, évidemment !), nous pliâmes bagages et remontâmes vers les
douches. J'en pris une (shampooing et gel-douche en libre-service dans les cabines) pour me débarrasser du sel que j'avais en abondance sur la peau et me rafraîchir un peu avant de me changer
(comme dans les sentô [ 銭湯 ] à Tôkyô, rares sont les hommes qui se cachent pour se changer), non sans prêter attention à un mignon mais bruyant petit garçon qui parlait fort et
courut tout nu, tout-à-coup, pour aller rejoindre son papa au fond de la pièce. Je revins auprès de Kiku au bout de dix minutes et elle me chargea de conserver son téléphone portable et son
porte-monnaie avant de prendre congé de moi. Je restai près des casiers à l'attendre et m'installa ensuite sur une chaise du côté de la terrasse. "Les femmes se font toujours
attendre", pensai-je avec amusement.
Nous quittâmes la plage de Yuigahama à environ 15 heures...
En marchant le long de la plage, Kiku regarda mon visage avec attention et se mit à rire. "Tu as bien bronzé ! La couleur de ton visage n'a rien à voir !!!" Je lui répondis :
"Oui, j'ai un peu chaud au visage, mais ça va !" Nous bifurquâmes pour remonter vers le nord-nord-est en direction de la gare de Kamakura, mais changeâmes de direction pour nous
engouffrer dans des petites rues piétonnes bondées où les gens avaient l'air de marcher au ralenti, prenant le temps de regarder les étals des petites boutiques familiales. Kiku, elle, était
plutôt du genre à presser le pas. "Depuis la gare de Kamakura, il me faudra bien deux heures pour rentrer chez moi ! On n'a pas beaucoup de temps et je veux t'en faire découvrir un
minimum !", m'expliqua-t-elle pour justifier son pas empressé.
Elle me fit découvrir le gigantesque et magnifique sanctuaire Tsurugaoka
Hachiman [ 鶴岡八幡 ] aux environs duquel nous passâmes quelques dizaines de minutes pour prendre des photos et faire une prière. Les touristes de toutes nationalités étaient très nombreux, et
cette foule avec laquelle Kiku et moi faisions corps au cœur de ce lieu touristique constituant l'une des figures de proue des endroits importants de l'histoire du Japon, me donna
l'impression de ne jamais pouvoir diminuer, comme si les gens faisaient partie du décorum et ne s'en allaient jamais. Kiku se plut à m'expliquer l'histoire de Kamakura et la place
qu'avait la ville dans le passé du pays, ajoutant ses connaissances à celles qui m'avaient été inculquées dans les années quatre-vingt dix à l'université et dont il ne me restait
que quelques bribes. Ainsi, peu disposé pour l'histoire, j'eus bien du mal à rassembler les pièces du puzzle dans la chronologie nipponne, mais je ne m'en tirai néanmoins pas trop mal et mon
amie semblait fière d'avoir affaire à un auditeur intéressé, et qui plus est, qui posait des questions.
Je décidai d'acheter en guise de souvenir un porte-bonheur : une petite grue blanche en métal suspendue à une petite cordelette d'un bel orange, avec un grelot argenté. Le tout était bien
évidemment, conformément aux us et coutumes du Japon moderne, destiné à être accroché à un téléphone portable. Kiku, elle, jeta son dévolu sur une amulette un peu plus traditionnelle, mais
très jolie également. Nous redescendîmes les marches qui menaient au premier sanctuaire proche de l'entrée et sortîmes de l'enceinte pour prendre la grande avenue qui fuyait droit vers
la gare de Kamakura et était nommée Wakamiya Ôji [ 若宮大路 ].
Après un petit saut à la banque où Kiku devait retirer des espèces, nous arrivâmes enfin à la gare de Kamakura et j'achetai mon billet à un distributeur alors qu'elle se servit de
sa carte de transports Suica pour passer. Nous reprîmes la ligne Yokosuka jusqu'à Shinagawa et fîmes une correspondance pour récupérer la Yamanote et aller jusqu'à Ueno. Nous étions tous les deux
très fatigués et de plus, ma peau me brûlait. Mais j'avais passé une excellente journée et lorsque nous dûmes nous séparer, je remerciai Kiku pour m'avoir convié à l'accompagner. Elle rit en
me voyant cramoisi et me souhaita une bonne fin de week-end. Nous échangeâmes des courbettes très respectueuses, le fameux ojigi [ お辞儀 ], avant de partir chacun dans deux directions
différentes.
Je savais d'ores et déjà, en rentrant, que cette journée célébrant la mer [ 海の日 ], fériée sur les calendriers japonais, plus que d'exister sur internet, resterait à jamais gravée dans ma
mémoire...
Merci Kiku !
Épilogue : aujourd'hui, jeudi 30 juillet,
je n'ai toujours pas retrouvé ma couleur originelle sur tout le corps. Si mon visage, mes épaules, mes bras et ma poitrine sont désormais revenus à la normale, le reste, lui, a encore
beaucoup de peau à perdre. Celle-ci, très fine, s'arrache cependant très facilement, mais je préfère laisser faire la nature et attendre patiemment. J'ai aussi appris la semaine
dernière, par mes colocataires et amis japonais, que les maillots de bain moulants et courts ne se faisaient pas vraiment au Japon ; il est apparemment préconisé de se procurer un modèle long et
ample pour passer inaperçu et se noyer un peu mieux dans la masse. Kiku et moi avions bien géré le temps de cette journée, mais nous avions malheureusement raté beaucoup de curiosités à
Kamakura. Il nous était impossible de tout faire et voir en deux heures et quelques ; deux jours au bas mot seraient nécessaires, à mon sens. Je ne désespère néanmoins pas de rattraper cela
avec elle... tôt ou tard... mais mieux vaut tôt que tard, non ?
Article entamé à 20h26 et achevé le 30 juillet à 23h16, heure locale de Tôkyô, par
Tokyostreams.
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